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Lo scandalo Chlordecone: come il profitto sviluppa il cancro e uccide nelle Antille, di Luc Thibault (Français)

Abbiamo ricevuto e pubblichiamo molto volentieri questo ottimo studio del compagno Luc Thibault sull’uso di massiccio nelle Antille nei passati decenni di un pesticida, il Chlordecone, usato contro il curculione del banano, generatore di cancro. Ma, comme d’habitude, il suo ragionamento si allarga dal singolo caso particolare, dal singolo albero, alla foresta, e cioè al mercato lucrosissimo dei pesticidi, ed alla catastrofe sanitaria che è derivata dal loro uso con intossicazioni di massa di ampiezza spaventosa: 255 milioni di casi in Asia l’anno, più di 100 milioni in Africa, circa 1,6 milioni in Europa (dove, però, guarda te, si produca la gran quantità di queste merci avvelenanti, il cui uso è formalmente, spesso, vietato là dove li si produce…). Sicché propriamente Thibault parla di “imperialismo chimico”, mostrando la stretta collaborazione tra lo stato francese e le imprese produttrici ai danni degli abitanti delle vecchie colonie (Martinica, Guadalupe) che tuttora la Francia pretende di tenere strette a sé, sotto di sé. E da qui il suo ragionamento si allarga ancora, in un’ottica internazionalista, al mondo intero, perché non si tratta solo della Francia, non si tratta solo delle Antille, ma del modo di produzione capitalistico in quanto tale, della sua corsa sfrenata ai profitti, del rapporto predatorio che ha il capitale nei confronti della terra e della natura.

Leggete! Molto istruttivo. E – ripetiamo – si faccia avanti qualche compagno/a che si vuole aggiungere a noi nel lavoro, sempre complesso ma utilissimo, di traduzione dei tanti testi in lingua che riceviamo. (Red.)

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Chlordecone : le profit qui tue et developpe le cancer aux Antilles

Le 19 décembre 2022, les ministres de près de 200 pays réunis à l’occasion de la COP15 signaient un accord visant à prendre des « mesures urgentes » pour « arrêter et inverser la perte de biodiversité » d’ici la fin de la décennie. 

Effectivement, il y a urgence! Dans son rapport de 2019 sur la biodiversité, l’IPBES (1) estimait que 75 % des milieux terrestres et 66 % des milieux marins étaient « sévèrement altérés » par les activités humaines. Les populations de vertébrés sauvages ont chuté de 69 % entre 1970 et 2018. Sur les huit millions d’espèces animales et végétales présentes sur Terre, près d’un million pourraient disparaître au cours des prochaines décennies.

En moins d’un demi-siècle, plus de 20 000 populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons ont chuté de deux-tiers. Et l’IPBES de conclure : « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine– et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ».

L’agriculture capitaliste est l’une des principales responsables de cette situation. A lui seul, le secteur agricole concentre 23 % des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, le recours massif et croissant aux pesticides – pour accroître les rendements à court terme – a des conséquences majeures et catastrophiques.

Le marché des pesticides

Chaque année, 3 millions de tonnes de pesticides sont épandues à travers le monde, un chiffre en hausse de 80 % depuis le début des années 1990. Le marché mondial des pesticides a quasiment doublé au cours des vingt dernières années, pour atteindre près de 53 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2020.

Le développement de ce marché s’est accompagné, comme toujours, d’une concentration croissante des capitaux. Alors qu’en 1990, 16 entreprises représentaient environ 80 % du marché mondial des pesticides, une succession de fusions-acquisitions a fait émerger quatre multinationales – Bayer, BSF, Syngenta/Chemchina et Corteva – qui contrôlent plus des deux-tiers du marché mondial.

Cette mainmise leur assure de hauts niveaux de profitabilité, avec des ratios de bénéfices sur chiffres d’affaires allant de 10 à 20 %, soit 50 % au-dessus de la moyenne européenne de l’industrie manufacturière.

Avec 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, l’Union européenne est l’un des principaux marchés des pesticides au niveau mondial. Au sein de l’UE, la France est de loin le premier marché de pesticides à usage agricole, avec un quart des ventes totales en 2017. Elle est suivie par l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la Pologne, qui totalisent la moitié du marché européen.

Cependant, l’essentiel de la croissance du secteur se joue ailleurs : entre 2013 et 2018, les ventes de pesticides à usage agricole ont augmenté de 40 % en Argentine, de 25 % en Russie, de 15 % en Roumanie et de 7 % au Brésil.

La course aux rendements

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe a connu un boom démographique sans précédent. En moins d’un quart de siècle, la population française augmentait de neuf millions. Autant de bouches à nourrir – et de profits à engranger pour l’agro-industrie et l’industrie chimique qui produit les pesticides : les liens entre ces deux secteurs, amorcés dès la seconde moitié du XIXe siècle, étaient définitivement scellés.

En France, en cinquante ans, le nombre de types d’activité agricole a été divisé par cinq, tandis que la productivité a été multipliée par dix et les volumes produits par deux. La production de céréales a quintuplé, celle du vin a doublé, celle des fruits et légumes a augmenté de 50 %. Le développement des systèmes de production agricole reposant sur l’usage combiné de machines, d’engrais, de pesticides et de variétés hybrides et génétiquement modifiées a eu les mêmes résultats au niveau mondial : depuis 1960, alors que les surfaces cultivées ont augmenté de 50 %, les rendements moyens globaux ont doublé. La production végétale agricole mondiale a été multipliée par 3,4. (2)

Dès 1867, dans Le Capital, Marx remarquait que « tout progrès de l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi dans l’art de piller le sol ; tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné est en même temps un progrès de la ruine des sources durables de cette fertilitéPlus un pays, comme par exemple les États-Unis d’Amérique, part de la grande industrie comme arrière-plan de son développement, et plus ce processus de destruction est rapide ». Cette observation de Marx n’a pas cessé, depuis, d’être confirmée, comme en témoignent les ravages des pesticides sur la santé humaine, la biodiversité, les sols et l’eau (entre autres).

Le « pillage du sol » dont parlait Karl Marx atteint désormais des niveaux vertigineux. Selon les dernières données publiées par l’ONU, 75 % des sols mondiaux sont dégradés à divers degrés. Cela pourrait concerner 90 % des sols d’ici 2050. En France, 20 % des sols sont menacés d’érosion du fait de l’absence d’invertébrés indispensables à leur bonne porosité et à l’infiltration des eaux. Par ailleurs, l’analyse de 31 pesticides couramment utilisés en grandes cultures a révélé la présence d’au moins l’un d’entre eux dans 100 % des sols et 92 % des vers de terre analysés. 54 % de ces derniers étaient contaminés « à des niveaux qui mettent ces organismes en danger ». (3)

En ce qui concerne la biodiversité, le terme d’« insecticide » porte bien son nom. En 30 ans, les pesticides ont provoqué la disparition de 80 % des insectes en Europe. En France, 39 % des populations d’oiseaux spécialistes des milieux agricoles ont disparu sur la même période, et plus de la moitié des populations de chauves-souris se sont éteintes entre 2006 et 2019.

Pour les mêmes raisons, 30 % des colonies d’abeilles déclinent chaque année. Or ces pollinisateurs sont un chaînon essentiel de la biodiversité : ils assurent la reproduction sexuée des plantes, et donc la formation des fruits et des graines. Sans leur contribution, le café et le chocolat disparaîtraient de notre quotidien, de même que les oléagineux (colza, arachide, olives), les protéagineux (pois, fèves) et les fruits à coques. Ne subsisteraient que des cultures telles que le blé, le maïs ou le riz, qui sont pollinisées par le vent.

Catastrophe sanitaire

L’usage croissant des pesticides entraîne une augmentation des intoxications via leur exposition. Chaque année, il y a environ 255 millions de cas d’empoisonnement – à des degrés divers – en Asie, un peu plus de 100 millions en Afrique et environ 1,6 million en Europe.

En juin 2021, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) dressait un bilan des connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. A travers une analyse critique de la littérature scientifique internationale publiée depuis 2013, l’INSERM concluait à une « présomption forte » d’un lien entre l’exposition aux pesticides et six pathologies graves, dont les lymphomes non hodgkiniens, le cancer de la prostate et la maladie de Parkinson.

Alors que l’INSERM alertait en mars 2022 sur une augmentation significative du taux de mortalité infantile en France, le ministère de la Santé indiquait quatre mois plus tard que le risque de développement de leucémie aiguë pour un enfant augmentait nettement lorsque son domicile était situé à proximité des vignes cultivées en agriculture conventionnelle. (4)

Le même mois, le professeur et pédiatre américain Philip Landrigan affirmait que la hausse des cas de cancers pédiatriques aux Etats-Unis et en Europe était « trop rapide pour être d’ordre génétique (…) Il est de plus en plus évident que les expositions environnementales, et en particulier aux produits chimiques manufacturés, sont, en fait, des facteurs importants de cancer chez l’enfant, et en particulier les expositions au cours des 1000 premiers jours de la vie ».

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les cancers chez les enfants ont progressé de 13 % dans le monde en seulement 20 ans!

Ces substances toxiques dégradent durablement tous les milieux qu’elles touchent. Près de 80 % des masses d’eau souterraine sont contaminées par les pesticides au Luxembourg, contre 50 % en République tchèque, 24 % en Belgique et 17 % en France. En 2021, en France, 12 millions de personnes ont bu une eau impropre à la consommation en raison de la présence de métabolites issus de la dégradation des pesticides.

D’autres analyses ont montré que dans 35 % des eaux du robinet analysées contenant au moins un pesticide, les trois-quarts retrouvés étaient, dans 38,5 % des cas, de types Cancérogènes, Mutagènes, Reprotoxiques (CMR), et dans 56,8 % des cas de types Perturbateurs Endocriniens (PE). (5) (6)

Leurs effets sur la santé sont très concrets. Par exemple, l’OMS définit les perturbateurs endocriniens comme« des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien[l’ensemble des organes qui ont la capacité de relâcher des hormones dans le sang]et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ».

Chez les femmes, cela peut se traduire par des problèmes de fertilité et des naissances prématurées ; chez les hommes, par des cancers de la prostate ; chez les nourrissons, par des troubles cognitifs et un retard du développement cérébral.

Pour s’éviter un scandale sanitaire, le gouvernement français a fait « disparaître » artificiellement le problème. L’ESA-métolachlore, un métabolite issu d’un herbicide utilisé principalement en grande culture, est un véritable cas d’école. Selon les données du ministère de la Santé, la présence de ce métabolite dans l’eau potable était impliquée, en 2020, dans 51 % des cas de non-conformité des unités de distribution. Qu’à cela ne tienne! Le 30 septembre 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) multipliait par neuf la teneur minimale en ESA-métolachlore pour qualifier une eau « non conforme », en contradiction totale avec les recommandations des scientifiques.

Qu’importe : soudainement, 97 % des eaux « non conformes » redevenaient « conformes ».

Impérialisme chimique

Les gouvernements français successifs sont coutumiers du fait. Pendant plusieurs décennies, les Guadeloupéens et Martiniquais ont été empoisonnés au chlordécone, un perturbateur endocrinien à très forte toxicité utilisé pour lutter contre le charançon du bananier. Bien que le chlordécone ait été déclaré cancérogène par l’OMS dès 1979, son utilisation a été autorisée aux Antilles de 1972 à 1993, notamment grâce aux différentes dérogations accordées par Jacques Chirac lorsqu’il était ministre de l’Agriculture.

Résultat? : 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont aujourd’hui contaminés au chlordécone. La Martinique détient le triste record du taux de cancer de la prostate le plus élevé au monde, avec 225 nouveaux cas déclarés pour 100 000 personnes, chaque année! 18 000 hectares de cultures ont été infectés par ce perturbateur endocrinien, dont la molécule peut survivre dans la nature pendant plus de sept siècles. Comme l’Agent Orange pendant la guerre du Vietnam!

Le 2 janvier dernier, 16 ans après les premières plaintes des Guadeloupéens et Martiniquais à l’encontre de l’Etat français pour « empoisonnement » et « mise en danger de la vie d’autrui », le tribunal judiciaire de Paris concluait à …un non-lieu : les faits seraient « prescrits »

La contamination des Antilles par un pesticide extrêmement dangereux est symptomatique d’une sorte d’impérialisme chimique. Environ 70 % des volumes de pesticides classés « extrêmement dangereux » sont utilisés, chaque année, dans les pays du Sud. Ils sont à l’origine de plus de 220 000 décès dans le monde, chaque année. Alors que la part de l’UE dans l’utilisation mondiale des pesticides est de 13 %, seuls 5 % des volumes mondiaux de pesticides « extrêmement dangereux » sont vendus en Europe. Autrement dit, les pesticides les plus dangereux sont majoritairementproduitsen Europe, mais ils sont interdits d’utilisation sur ce même sol!

Les sommets mondiaux et les « engagements » se succedent les uns après les autres, grandes declarations, larmes de crocodile, mais les faits persistent. Sur la question des pesticides, on ne compte plus les promesses de « régulation » et de « réduction » …..sans suites!

Fin 2007, le gouvernement français proclamait l’objectif de réduire de 50 % l’usage des pesticides à l’horizon 2018. Résultat : leur utilisation a progressé de 12 % entre 2009 et 2016. Cela n’a pas empêché Macron d’annoncer récemment que sa présidence à la tête de l’UE impulserait « une sortie accélérée des pesticides ». Le même promettait une « sortie du glyphosate », qui ne s’est jamais concrétisée. Le lobby de l’agrochimie tente de brouiller les pistes sur la dangerosité du glyphosate. Emblème de ce lobbying, les révélations des Monsanto Papers en 2017 dans la presse. Ils dévoilent de vastes manœuvres pour dissimuler les effets sur la santé du glyphosate et influencer les agences étatiques chargées de la santé.Objectif ? Empêcher coûte que coûte une interdiction de la substance-phare du géant de l’agrochimie. Ils montrent aussi que Monsanto s’inquiétait déjà de la sureté de son produit en 1983 mais aurait étouffé l’information. (7)

En 2009, le Parlement européen adoptait une directive sur l’« utilisation durable des pesticides », tout en renonçant à fixer un objectif contraignant de réduction de l’usage des pesticides aux Etats-membres de l’UE, ces derniers étant seulement « encouragés » à recourir à des techniques de substitution aux pesticides. Sans surprise, dix ans après, les encouragements du Parlement européen n’ont pas suffi : à l’exception du Danemark, la consommation de pesticides a augmenté – ou stagné – dans tous les pays de l’UE. (8)

De son côté, la COP15 (9) a débouché sur un « accord » qui, lui aussi, « encourage » les entreprises à évaluer et rendre public l’impact de leurs activités industrielles sur la biodiversité. Or les entreprises en question font d’énormes profits sur le saccage de l’environnement ! Tout le problème est là : si des quantités astronomiques de pesticides circulent librement sur la surface du globe, c’est parce que les multinationales de la chimie ontintérêtà produire toujours plus de pesticides, et que les entreprises agro-industrielles ontintérêtà les utiliser pour accroître leurs rendements agricoles!

Le problème, c’est le mode de production capitaliste et sa course effrénée aux profits

Pour mettre un terme à l’empoisonnement généralisé du monde, il faudra donc en finir avec le capitalisme lui-même. Grâce aux progrès de l’agronomie, il serait possible de conserver de hauts rendements agricoles sans détruire la biodiversité, provoquer des cancers, piller les sols et contaminer les milieux aquatiques. En octobre 2022, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) expliquait comment la diversification végétale à l’échelle d’une parcelle agricole (mélanges de variétés, cultures associées, agroforesterie) constituait un puissant vecteur pour prévenir les menaces que représentent certains insectes pour des cultures spécifiques. Les scientifiques pointent par ailleurs que « la diversification des paysages en vue de réguler les bioagresseurs devrait impliquer non seulement une diversité́ des assolements, mais de façon tout aussi importante une réduction de la taille des parcelles ». Soit tout l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui, où l’agriculture se caractérise avant tout par d’immenses champs de monoculture.

Utilisé dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, le chlordécone a été autorisé en Martinique et en Guadeloupe jusqu’en 1993, sous dérogation, quand le reste du territoire français en avait interdit l’usage. Il n’a été banni des Antilles que 15 ans après les alertes de l’Organisation mondiale de la santé. Il a provoqué une pollution importante et durable des deux îles. Selon un rapport publié le 6 décembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), près de 90% des populations de Martinique et de Guadeloupe sont contaminées au chlordécone. Les Antilles détiennent le triste record mondial de cancer de la prostate. Depuis le 22 décembre 2021, il est reconnu comme maladie professionnelle, ouvrant la voie à une indemnisation pour les ouvriers agricoles. En 2006, plusieurs associations martiniquaises et guadeloupéennes avaient déposé plainte pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substance nuisible. (10)

Sous la pression des gros possédants “békés” et malgré sa forte toxicité, le chlordécone, pesticide du nom de Képone dans les années 1970, avait été homologué par Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture de l’époque. (Aux Antilles françaises, un béké est un blanc créole   descendant des premiers colons. Ce terme concerne principalement les descendants originaires de la Martinique   mais aussi ceux de la Guadeloupe . En Martinique , les békés constituent un peu moins d’un pour cent de la population , soit environ 3000 personnes, En Guadeloupe, en langue créole, on parle de “Blancs-péyi” bien que ce terme soit plus large puisqu’ol peut aussi designer des individus blancs nés et élevés sur l’île mais dont la famille n’est présente depuis l’époque coloniale. La quasi totalité des colons grands propriétaires terriens de Guadeloupes ont été guillotinés lors de la Révolution française et de la premiere abolition de l’esclavage en 1794; les békés actuels de Guadeloupe sont tous originaires de la Martinique, où ils ont généralement toujours des liens familiaux ou des intérêts économiques.)

Les gros planteurs expliquaient que ce produit était nécessaire à l’élimination du charançon du bananier qui détruisait les plantations. Le Képone fut fabriqué aux États-Unis jusqu’à un accident industriel dans l’usine de production en 1975. Face aux graves symptômes observés chez les ouvriers de l’usine, les autorités américaines l’interdirent en 1976. Mais en 1981, la ministre “socialiste” de l’Agriculture, Edith Cresson, autorisa de riches possédants, les békés Lagarrigue et Yves Hayot (frère aîné du chef de file du groupe Bernard Hayot), à commercialiser le chlordécone sous le nom de Curlone. Et en 1990, alors que le Curlone était à son tour interdit en France, le gouvernement accordait une dérogation de trois ans pour poursuivre son utilisation aux Antilles.

Qu’est-ce que le chlordécone ?

C’est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, un insecte ravageur pour ces cultures. Il fait partie des pesticides organochlorés. comme le DDT et le lindane, qui restent longtemps dans les sols et les eaux et peuvent s’avérer très toxiques. Utilisé durant vingt ans, il a entraîné une pollution des sols, de l’eau des rivières et du milieu marin proche des secteurs où il a été utilisé. Il peut ainsi être retrouvé dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que dans les eaux des sources ne faisant pas l’objet d’un traitement par charbon actif. De nombreux aliments locaux, principalement les légumes racines, les poissons et crustacés, les œufs issus de poulaillers de particuliers peuvent être contaminés, surtout dans certaines zones où des bananeraies étaient présentes. La voie alimentaire demeure à ce jour la principale voie d’exposition pour les populations guadeloupéennes et martiniquaises.  Quels sont ses effets sur la santé ? Interdit aux États-Unis dès les années 1960, classé “cancérigène possible” par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1979, le produit était soupçonné d’être responsable notamment d’une explosion des cancers de la prostate aux Antilles, comme l’a révélé l’étude de l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) “Karuprostate” (de Karukera, nom caribéen de la Guadeloupe) en 2010. 

Depuis les cancers de la prostate liés à l’exposition au chlordécone sont reconnus comme maladie professionnelle en France. En 2012, l’Etude “Timoun” ,sur l’impact du chlordécone sur la grossesse et le développement des enfants, a aussi mis en évidence des “troubles de comportement, des pertes de motricité” et “des pertes de QI de 10 à 20 points“. Le produit augmente également le risque de prématurité, selon une étude de l’Inserm rendue publique en 2014. L’exposition de souris au chlordécone nuit par ailleurs à la production de spermatozoïdes de plusieurs générations de mâles, même s’ils n’ont pas été exposés eux-mêmes, selon une étude de l’Inserm, qui précise toutefois que ces conclusions ne peuvent pas automatiquement s’appliquer à l’homme.(12) (13)

Le chlordécone est donc tout d’abord utilisé aux Antilles françaises pour lutter contre les charançons du bananier, des insectent qui ravagent   les cultures de bananes. Ces cultures constituaient alors une part essentielle de l’économie des îles et c’est en 1972 que le ministre de l’Agriculture Jacques Chirac  signe la première autorisation provisoire de mise sur le marché. Le produit remplace le lindane (aussi connu sous le nom de gamma-hexachlorocyclohexane ou « HCH ») dont l’effet commençait à baisser et qui était au bord de l’interdiction, avec un gain d’efficacité de l’ordre 100. La molécule de chlordécone se présentait au départ sous diverses formes commerciales, en particulier celle du Képone (produit américain interdit en 1976 aux États-Unis), qui précède historiquement le Curlone (produit français) qui étaient importés en Guadeloupe et en Martinique par la société Lagarrigue dirigée par Yves Hayot.

Après l’interdiction du Képone en 1976 aux États-Unis, les stocks ont permis aux agriculteurs antillais de continuer à en utiliser jusqu’en 1978. En 1981, les établissements Laguarrigue font homologuer, produire au Brésil puis commercialisent la Curlone qui contient la même molécule et qui prend le relais du Képone interdit. Entre-temps, les ouragans David (1979) et Allen (1980) avaient favorisé la prolifération des charançons ce qui avait alors motivé la poursuite de l’utilisation de chlordécone par les planteurs de bananes.

La Curlone était versée sous forme de poudre au pied des arbres afin de contrecarrer l’action des larves parasitaires qui se nourrissent des racines des bananiers. Si le cadre légal ne permettait l’utilisation de ce pesticide qu’aux fins d’éradication du charançon, il a aussi été utilisé pour lutter contre d’autres types de ravageurs dans les maraîchages. Faisant fi de ces alertes, la France ne l’a interdit qu’en 1990! Aux Antilles, il a même été autorisé jusqu’en 1993, par deux dérogations signées, sous François Mitterrand, par les ministres de l’Agriculture de l’époque Louis Mermaz et Jean-Pierre Soisson. Plus de 90 % des Guadeloupéens et des Martiniquais — soit 800 000 habitants — sont aujourd’hui contaminés, essentiellement par voie alimentaire, comme l’a révélé une étude de Santé publique France publiée en octobre 2019. (14)

Plus de 90% des échantillons dosés dans l’étude Kannari présentent des concentrations détectables de chlordécone (supérieures à 0,02 μg/L). Les niveaux d’imprégnation par la chlordécone mesurés en Martinique et Guadeloupe sont similaires, les concen- trations moyennes étant respectivement égales à 0,14 μg/L et 0,13 μg/L. Les niveaux d’imprégnation sont toutefois contrastés au sein de la population d’étude : 5% des participants ont des niveaux d’impré- gnation au moins 10 fois plus élevés que la concentra- tion moyenne (1,24 μg/L en Guadeloupe et 1,87 μg/L en Martinique), et les niveaux maximaux sont de 18,53 μg/L en Guadeloupe et 15,41 μg/L en Martinique.

L’utilisation de la Curlone a été interdite sur tout le territoire en 1990, mais à la suite de la demande pressante du lobby des producteurs de bananes (notamment via Yves Hayot président de la Société d’Intêret collectif agricole de la banane martiniquaise   (SICABAM) relayée par le député Guy Lordinot, son usage a perduré jusqu’en 1993 comme nous l’avons déjà dit, par flou législatif et dérogation et bien au-delà illégalement, par écoulement des stocks constitués en réserve.

C’est à l’occasion de contrôles de qualité de sources d’eau entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 qu’une quantité particulièrement élevée de chlordécone (jusqu’à plus de 100 fois la norme), testée parmi d’autres pesticides, sera découverte en Martinique puis en Guadeloupe, signant alors le début de la prise de conscience et l’éclatement du scandale sanitaire

Il faudra attendre … 2002! pour que débute la récupération des stocks » de ce pesticide dans les Antilles françaises notamment à la suite de la découverte de plusieurs tonnes du pesticide dans une bananeraie martiniquaise et de la saisie par la douane de Dunkerque, de patates contaminées en provenance de Martinique.

Comme si cela ne suffisait pas ….

En Martinique , un usage frauduleux d’éthéphon, qui accélère la coloration des fruits , sur des bananes plantains commercialisées sur l’île, a été découvert, a annoncé jeudi 25 août le parquet de Fort-de-France. L’enquête devra déterminer les responsabilités dans l’utilisation de ce produit interdit pour les bananes et les conséquences sanitaires pour les consommateurs et les utilisateurs de l’éthéphon, précise un communiqué conjoint du parquet et de la préfecture de la Martinique. Cette molécule a été pulvérisée sur les fruits cueillis encore verts pour accélérer leur jaunissement “afin de présenter à la vente des produits plus attrayants pour le consommateur“, ajoute le communiqué.

Ce phytorégulateur, utilisé pour accélérer la maturation de certains fruits, n’est autorisé en Martinique que pour la culture de l’ananas, afin d’en accélérer la floraison. Des traces d’éthéphon ont été retrouvées sur 25 lots de bananes parmi 37 testés à différents stades de leur distribution. Les achats auprès des fournisseurs suspectés ont été immédiatement suspendus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’éthéphon comme “légèrement dangereux” (sic!) (15 ) et assurait dans une étude en 2015 qu’il était peu susceptible de présenter un risque de cancer pour le consommateur. Le risque pour les utilisateurs est toutefois beaucoup plus important, car un usage non maîtrisé peut occasionner plusieurs types de symptômes tels que des brûlures de la peau, des lésions oculaires, des diarrhées, des crampes d’estomac ou l’augmentation de l’appétit. (16)

Du nouveau dans le scandale du chlordécone

Les scientifiques alertaient sur les risques de cancer dû à ce pesticide utilisé aux Antilles dans les plantations de bananes jusqu’en 1993 depuis… les années 1980. C’est ce que prouvent des archives découvertes par la cellule investigation de Radio France. Cette enquête révèle que dès 1981, alors que la commission des toxiques étudiait le chlordécone, son président René Truhaut (17) alertait déjà sur le fait que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) venait de le classer comme cancérigène possible pour l’humain. Une mise en garde restée lettre morte!. Selon les informations de Radio France, plusieurs membres de l’Union de l’industrie des produits pesticides étaient présents à cette commission, bien que leurs noms ne soient pas mentionnés dans le Journal officiel. Pratiquement toutes les archives ont …disparu!

Des archives disparaissent

Pour en arriver là, la justice a dû faire l’impasse sur plusieurs années d’archives, et notamment sur les comptes-rendus (essentiels pour la compréhension de ce sujet) des différentes commissions qui étaient chargées d’évaluer les produits chimiques mis sur le marché. Pour qu’un industriel puisse obtenir l’autorisation de vendre un pesticide, il devait en effet présenter des résultats d’analyses. “Il y avait deux dossiers : un sur la toxicité du produit, étudié par les experts de la commission des toxiques, et un autre sur son efficacité, étudié par une commission d’agronomes et d’industriels“, explique Henri Vannière, ancien chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Et en cas d’avis divergents, c’est le ministre de l’Agriculture qui tranchait à la fin. Or, lorsque l’enquête judiciaire débute en 2008, il n’existe plus aucune trace des propos qui ont été tenus en commission des toxiques entre 1972 et 1989, ce qui couvre une période de 17 ans de comptes-rendus. Ces documents concernent pourtant la période cruciale qui va de l’autorisation jusqu’au retrait des produits à base de chlordécone”. (18)

En 2005, une mission d’information parlementaire  réclame ces archives au ministère de l’Agriculture, en vain. En 2009, un groupe de chercheurs mandaté par le gouvernement pour rédiger un rapport intitulé “La saga du chlordécone”  la Saga du chlordécone, ne les trouve pas non plus. (19) – sur l’utilisation du chlordéconeet desautres pesticides dans l’agriculture martiniquaise et guadeloupéenne)

Enquête – La très véridique histoire du poison chlordecone

Nous laissons aux lecteur cet article de Charlie fort bien fait du 12 mars 2021, paru dans l’édition1494 du 10 mars 2021.

Cela finira mal. Une manifestation monstre vient d’avoir lieu à Fort-de-France (Martinique) pour protester contre l’impunité dans le lourd dossier de l’empoisonnement par le chlordécone. Pendant plus de vingt ans, jusqu’en 1993 au moins, on a utilisé dans les bananeraies un pesticide qu’on savait cancérogène et très toxique. Le sang de 90% des Antillais est contaminé par un produit si stable chimiquement qu’il pourrait être présent dans les sols pendant plusieurs siècles.

Où sont passés les documents?

Plutôt, qui les a volés ? Ont-ils fini dans la broyeuse, quelqu’un les a-t-il planqués dans un coffre ? Le chlordécone est un polar dont les coupables, bien qu’invisibles, sont connus. Une scène de crime où les victimes humaines sont des milliers.

Le résumé est limpide : un poison mortel est épandu entre 1972 et 1993 dans les bananeraies des Antilles, pour y lutter contre un coléoptère, le charançon. En 1972, c’est Chirac, alors ministre de l’Agriculture, qui signe l’autorisation. De 1981 à 1993, les socialos. Que sait-on au départ ? L’essentiel, comme l’indiquent des documents officiels dès 1968 (https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L15B2440-tI.html) : « Lors des essais de toxicité à long terme sur rats, on a observé une augmentation du poids relatif du foie et des reins chez les femelles ayant reçu 1 ppm [partie par million] du chlordécone dans le régime […] D’autres effets de toxicité se manifestent à partir de 10 ppm. Il y a une forte accumulation de produit dans les graisses. »

En 1969, c’est pire : « La toxicité à court terme et à long terme fait apparaître des effets cumulatifs nets. Sur rats, un régime de 50 ppm a provoqué la mort de tous les animaux au bout de six mois. L’intoxication se traduit principalement par des effets au niveau du foie et des reins. » 

En 1972, Chirac s’assoit sur les inquiétudes, ce qui n’étonne guère : dès cette époque, il copine de près avec trois responsables de l’Outre-mer qui auront de lourds ennuis judiciaires : Gaston Flosse en Polynésie, Léon Bertrand en Guyane et surtout Lucette Michaux-Chevry, qui sera présidente du conseil général puis du conseil régional de la Guadeloupe. Le lobby des planteurs – des békés, descendants blancs des esclavagistes –, qui s’appelle l’Association des producteurs de bananes des Antilles (Asproban), sait à quelles portes parisiennes il faut frapper.

Où sont passés les documents?

Pendant ce temps, une usine américaine de Hopewell (Virginie) fabrique gentiment du ­Kepone, nom commercial du chlordécone. Tout va bien, dans un sens. Mais de mars 1974 à juillet 1975, 76 des 133 salariés présentent des symptôms divers, (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/78669/) notamment neurologiques : troubles nerveux, tremblements, perte de poids, douleurs articulaires, oligospermie (diminution du nombre de spermatozoïdes). La direction commence par dire qu’ils sont des ivrognes. Mais difficile d’affirmer la même chose de la James River, qui se jette dans la Chesapeake Bay. Pendant près de dix ans, on a balancé dans la James des résidus de chlordécone, ce qui conduira à l’interdiction de la pêche sur 150 km, mesure qui restera en vigueur treize ans. Le scandale est immense, et fait l’objet de centaines d’articles et d’émissions. En 1975, le chlordécone est définitivement interdit aux États-Unis.

À Paris, nos experts toxicologues, ceux qui siègent à la Commis­sion des toxiques – la ComTox pour les initiés – continuent à autoriser le chlordécone comme si de rien n’était. Et parmi eux, son président, René Truhaut, pape de la toxicologie en France. Il sait tout de la folie Hopewell, mais il couvre. Parmi les fort rares documents sauvés du vol, un attire l’œil : le compte rendu d’une séance de la ComTox, le mardi 1er février 1972. Sont présents Truhaut, trois fonctionnaires proches des fabricants de pesticides, Guy Viel, Lucien Bouyx et Hubert Bouron, enfin deux représentants directs de l’industrie, MM. Métivier et Thizy. Ce n’est déjà pas si mal, mais il y faut ajouter le cas François Le Nail, présent lui aussi, qui dirige le faux nez de l’industrie appelé Chambre syndicale de la phytopharmacie.

Après avoir pris la suite, en 1957, du premier lobbyiste français des pesticides, Fernand Willaume, Le Nail est devenu un manipulateur en chef. Il organise des congrès truqués, faussement scientifiques, où tout le monde s’embrasse sur la bouche : ceux de l’agro-industrie, des pontes de l’Institut national de la ­recherche agronomique (Inra), de hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des « scientifiques » amis. Dans un document entre les mains de ­Charlie, Le Nail écrit à propos d’un congrès tenu en 1970 en présence de l’inévitable René ­Truhaut : « Ce Congrès a servi le prestige de notre profession, mais le plus grand avantage […] ne doit pas passer inaperçu : pendant ces trois années de préparation, les réunions des comités, commissions et groupes de travail, les innombrables rapports avec les chefs de départements et les responsables de l’Inra, de hauts fonctionnaires, les journalistes de différentes origines… nous ont permis […] d’accroître un capital de relations utiles sur le plan des intérêts professionnels. »

C’est donc à ces gens charmants que l’on demande de jauger et de juger la toxicité du chlordécone. Faut-il sérieusement s’étonner de la disparition de dix-sept années d’archives ? En effet, on apprenait en 2019 que les comptes rendus de la ComTox entre 1972 et 1989 demeuraient introuvables. On ne saura donc pas pourquoi la sainte alliance entre l’industrie, la haute administration du ministère de l’Agriculture et les toxicologues a réussi un crime parfait.La suite serait presque burlesque. L’année 1980 est de grande incertitude. En France, la Société d’exploitation de produits pour les industries chimiques (Seppic) n’a plus accès au chlordécone, interdit aux États-Unis, et doit cesser sa production de Kepone, qui en contient. Début 1981, les planteurs antillais de bananes en sont réduits à liquider leurs réserves. Mais une divine surprise se prépare : l’arrivée de la gauche au pouvoir. En mai, Mitterrand s’installe à l’Élysée, et une certaine Édith Cresson devient ministre de l’Agriculture.

Alors commence une danse du ventre du lobby des planteurs, menée par l’entreprise de planteurs békés Laurent de Laguarigue, qui a racheté un brevet de production du poison. Attention, cela va aller très vite : Cresson, qui ne connaît rien à l’agriculture, est à peine installée au ministère qu’elle signe, en juin, une autorisation pour un nouveau pesticide, le Curlone, autre nom commercial du chlordécone. Comment est-ce possible ? En l’absence de documents de la ComTox, trois commentaires restent vraisemblables. Un, la fine équipe Truhaut-Le Nail, ou ses successeurs, est forcément derrière la demande d’homologation. Deux, le cabinet de Cresson est farci d’ingénieurs du génie rural et de responsables de la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA), qui a donné naissance à Groupama et au Crédit agricole. Tous acquis au triomphe de l’agriculture industrielle, ainsi qu’on se doute. Trois, Cresson reste totalement responsable. Qui signe un texte au nom de tous en supporte fatalement les conséquences. Sinon, on peigne la girafe au Jardin des Plantes.

Car en effet, dès 1975, l’Inra a confié au chercheur Jacques Snegaroff un rapport. En 1977, la messe est dite : en Guadeloupe, tout est pourri de chlordécone. Le sol des bananeraies, le rivage marin, les sédiments. En 1980, nouveau rapport du chercheur de l’Inra Alain Kermarrec. Luc Multigner, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), n’en est pas revenu : « Sa lecture m’a laissé pratiquement tétanisé lorsque j’ai découvert le niveau de contamination […] par différents produits phytosanitaires de type persistant. La colonne qui correspondait à celle de cette molécule, le chlordécone, dépassait d’un facteur dix, cent, parfois mille, celles des autres pesticides. »

C’est donc en toute lucidité que le cabinet Cresson donne une autorisation scélérate, dont il n’aura jamais à rendre compte. Henri Nallet, socialo bon teint, ancien employé de la Fédération nationale des syndicats d’exploi­tants agricoles (FNSEA), prendra la suite au ministère de l’Agriculture. Puis Louis Mermaz, socialo aussi. Enfin Jean-Pierre Soisson, centriste rallié aux socialos après 1992. Chacun d’entre eux ajoutera une criminelle signature au bas de dérogations permettant d’épandre le chlordécone jusqu’en… 1993. Officiellement, car selon l’ancien député de la Martinique Guy Lordinot, « L’État fermait les yeux sur l’utilisation de cette molécule dans les bananeraies, bien après l’interdiction. » Et pour Joël Beaugendre, auteur, en 2005, du premier rapport parlementaire sur le chlordécone, « en 2005 en Guadeloupe, nous avons constaté qu’il y avait du chlordécone utilisé sur des habitations ». On ne serait pas autrement étonné qu’il y ait encore quelque stock bien dissimulé.

L’affaire du chlordécone, on l’aura compris, réclamerait une mise en cause si profonde des pouvoirs en place qu’elle risque de s’enliser à jamais. Sauf révolte profonde et durable, que l’on souhaite aux peuples des Antilles. Pour l’heure, on ­refuse obstinément de s’en prendre aux politiques, aux experts, aux commissions officielles, au ministère de l’Agriculture. La note de centaines de millions d’euros, peut-être de milliards, est pour la société. En 2001, un certain André Rico, successeur de René Truhaut à la ComTox, déclarait vaillamment au cours d’un colloque de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), qui regroupait les intérêts de Bayer-Monsanto, BASF, DuPont, Dow : « Tous les êtres vivants sont protégés contre les effets des produits chimiques qui nous entourent et nous sommes bien protégés contre les faibles doses… Ce n’est pas à nous de prendre des décisions par rapport à ceux qui vont naître ; les générations se démerderont comme tout le monde. » Compris ? (20)

L’enquête contredit la version des juges

Ces éléments contredisent la version des juges du pôle santé du tribunal de Paris, qui ont prononcé un non-lieu en janvier 2023 dans l’enquête sur l’empoisonnement des Antilles au chlordécone. S’ils avaient qualifié l’insecticide de « monstre chimique », ils estimaient que la science ne pouvait pas prédire quelles conséquences ce pesticide aurait sur l’humain. Aujourd’hui, en Guadeloupe, on enregistre le plus haut taux de cancer de la prostate au monde, en particulier chez les travailleurs des bananeraies, et le chlordécone est détecté dans le sang de 90 % de la population adulte des Antilles. (21)

Le 27 juin, le tribunal administratif de Paris a jugé les services de l’État coupables de « négligences fautives » pour avoir permis la vente de différents insecticides contenant du chlordécone, sous différents noms. La justice a également reproché à l’État d’avoir autorisé la poursuite des ventes de ces insecticides « au-delà des délais légalement prévus en cas de retrait de l’homologation ».

Le tribunal administratif de Paris a toutefois refusé d’indemniser, pour préjudice d’anxiété, les 1 240 plaignants de ce dossier. Une autre procédure judiciaire est en cours, après une plainte contre X en 2006 pour l’empoisonnement des Antilles au chlordécone. Au mois de mars, les juges d’instruction du pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris ont annoncé leur intention de clore le dossier sans prononcer de mise en examen, l’orientant vers un non-lieu. Un mois plus tôt, deux plaintes contre d’anciens ministres avaient été déclarées irrecevables par la Cour de justice de la République.

Conclusion

Les responsables de cet empoisonnement sont connus de tous, ce sont les planteurs pollueurs et l’État, qui a soutenu ces capitalistes de la banane au nom du profit. Est-ce que ces responsables dédommageront les ouvriers victimes et leur famille ? Participeront-ils au financement de la recherche en vue de dépolluer les sols ? Lors des auditions, les gros békés planteurs de banane ont nié leur responsabilité dans cette pollution, rejetant la faute sur l’État. Celui-ci n’a jusqu’à présent consacré aucun moyen sérieux à faire progresser la recherche ni à réparer les dommages causés par le chlordécone.

Quelle que soit l’issue de cette enquête, les travailleurs et la population devront compter sur leurs forces propres pour contraindre l’État et les békés responsables à consacrer les moyens nécessaires pour réparer le désastre.

Alors que l’actuelle production agricole permettrait de nourrir 1,5 fois l’humanité, 40 % de la population mondiale vit toujours en situation d’insécurité alimentaire, et la famine frappe des dizaines de millions de personnes chaque année. A cette criminelle absurdité s’ajoutent tous les fléaux que nous venons d’évoquer en détail. Seule une planification communiste de la production, à l’échelle mondiale, permettra d’en finir à la fois avec la faim, les pollutions diverses, l’appauvrissement des sols, la contamination des eaux, l’effondrement de la biodiversité et les catastrophes sanitaires qui en découlent.

23 aprile 2023

Annexe 1. Scandales alimentaires récents

Les principaux scandales alimentaires récents entrent dans 3 catégories :

Altérations, mélanges avec des ingrédients non alimentaires, substitution d’ingrédient non déclarée

  • 1937 : empoisonnements à l’élixir sulfanilamide aux États-Unis ;
  • 1981 : le scandale de l’huile frelatée en Espagne (20 688 victimes en Espagne. Entre 370 à 835 en sont mortes, suivant les décomptes.);
  • 1980 : viande provenant d’animaux traités aux hormones (« bœuf aux hormones »), pratique qui sera interdite dans l’Union européenne fin 1980, mais toujours autorisée aux États-Unis en 2017;
  • 1990 : découverte de trace de benzène dans quelques bouteilles d’eau pétillante Perrier qui provoque la chute de la marque ;
  • 1999 : crise de la dioxine, en mai 1999, large écho médiatique, aucun décès mais des dizaines de milliers de maladies et cancers d’après un chercheur;
  • juin 1999 : canettes de Coca-Cola ayant une mauvaise qualité du gaz carbonique et une contamination avec un fongicide provoque 300 malaises répartis en Belgique, au Luxembourg, en France aux Pays-Bas et en Allemagne. La marque américaine est contrainte de détruire 90 millions de litres de boisson gazeuse. Les pertes sont estimées à 450 millions de francs ;
  • 2008 : lait additionné de mélamine en Chine (scandale du lait frelaté en 2008) En septembre 2008 , quatre nourrissons chinois sont déclarés morts et 52 857 enfants malades comptabilisés, parce qu’ils ont absorbé de la formule pour nourrisson frelatée, à laquelle avait été ajoutée de la mélamine, afin de la faire apparaître plus riche en protéines ;
  • 2008 : scandale des fromages italiens avariés ou périmés et recyclés dans des produits vendus dans toute l’Europe (Onze mille tonnes de fromage avarié ou périmé, dont se débarrassaient des sociétés laitières italiennes mais aussi européennes, ont été “recyclées” pour ensuite être intégrées à de nouveaux produits fromagers);
  • 2013 : fraude à la viande de cheval de 2013 : viande de cheval vendue comme viande de bœuf, en tant qu’ingrédient dans des plats cuisinés ;
  • 2013 : les tartes au chocolat des magasins Ikea contaminées avec de la matière fécale ;
  • 2017 : le scandale des œufs contaminés au fipronil (Un scandale alimentaire a éclos dans l’Union européenne début août 2017: des millions d’oeufs ont été retirés de la vente dans plusieurs pays, accusés d’être frelatés à l’insecticide fipronil. La réglementation de l’UE a interdit l’utilisation de cette molécule toxique sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire.);

2020 : contamination du sésame à l’oxyde d’éthylène.( Ces graines, en provenance d’Inde, présentent des teneurs trop élevées d’oxyde d’éthylène, un pesticide classé comme substance mutagène – c’est-à-dire pouvant causer des anomalies génétiques –, cancérogène et toxique pour la reproduction. Biscuits, pains, houmous, farines, tartinades, graines, huiles… Ce sont plus de 1 000 références de produits pour le grand public et plus de 1 500 produits destinés aux professionnels qui avaient été retires , selon le recensement   réalisé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). (https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/sesame-psyllium-epices-et-autres-produits-rappeles-comprenant-ces-ingredients)

Zoonoses (maladies animales transmissibles à l’humain)

  • 1996 : la « crise de la vache folle »), avec un retentissement médiatique énorme et 223 victimes dans le monde en 2017;
  • 2004 : Influenza aviaire H5N1 : inquiétude durable mais jamais concrétisée entre 2004 et 2006 en France.

Toxi-infections alimentaires collectives

  • années 1950 : poissons contaminés au mercure dû au rejet d’une usine locale dans la baie de Minamata (Japon) ; leurs consommations provoquent plusieurs milliers de malades ( 2 265 victimes officielles dont 1 784 étaient mortes) ;
  • 2011 : « crise du concombre » en Europe, plusieurs morts à la suite d’une épidémie de E. coli, attribuée à tort à une contamination de ce légume provenant d’Espagne ; il s’est avéré en fait que la toxi-infection avait été causée par des graines germées de haricots mungo en provenance d’Allemagne ;
  • 2012 : norovirus (gastro-entérite virale) en Allemagne, 11 000 écoliers maladies à cause de fraises chinoises congelées ;
  • 2014 : crises de listériose, par exemple au Danemark en 2014, 15 morts à cause d’un produit de charcuterie ;
  • 2015 : épidémie de E. coli aux États-Unis dans la chaîne de restauration Chipotle Mexican Grill ; pas de décès mais un impact durable ;
  • 2015-2016 : crises de salmonellose, par exemple sur des concombres aux États-Unis en 2015-2016. 6 morts ;
  • 2017-2018 : lait infantile Lactalis contaminé ;
  • 2018 : affaire Veviba en Belgique, concernant une entreprise de traitement de la viande qui fournissait Delhaize et Colruyt et 30 % du volume belge;
  • 2015-2018 : listeria dans les légumes surgelés produits par une usine hongroise de Greenyard, entraînant 9 morts en 3 ans ;
  • 2022 : au moins 41 cas de syndrome hémolytique et urémique, dont 2 fatals, en France à la suite d’une contamination à E.coli de pizzas surgelées Fraîch’Up de Buitoni. La chaine de production de Caudry a été fermée,
  • Avril 2022 : fermeture de l’usine Kinder d’Arlon (Wallonie) à l’origine de cas de salmonellose.
  1. Scandales environnementaux récents
  1. Crises de santé publique

Les soins médicaux ne sont pas sans risque et se justifient par l’analyse de leur balance bénéfice – risque. Toutefois certains manquements ont pu conduire à des crises ou scandales sanitaires :

Annexe 2. Scandale du Chlordécone : Charlie accuse

Foutage de gueule garanti. Une commission d’enquête parlementaire rend l’État responsable de l’épandage massif de chlordécone dans les Antilles françaises de 1981 à 1993. Et oublie comme par hasard de désigner les grands coupables politiques. Par ordre chronologique, Édith Cresson, Henri Nallet, Louis Mermaz, Jean-Pierre Soisson, responsables et coupables.

Pour eux, le monde est toujours merveilleux. Eux, les ministres et anciens ministres, qui tous se tiennent gentiment par la barbichette. Une commission d’enquête parlementaire rend, ce mardi 26 novembre, un rapport sur la pollution des Antilles par le chlordécone, pesticide dont la stabilité chimique est telle qu’il restera dans les sols au moins quatre siècles, quand on sera bien vieux. Il a été utilisé légalement dans les bananeraies pour niquer la tête du charançon du bananier.

Très efficace, et désormais, 92 % des Martiniquais et 95 % des Guadeloupéens en ont dans le corps. Est-ce chiant ? A peine. La Martinique détient le record du monde de cas de cancers de la prostate pour 100 000 habitants, et ainsi que le montrent les travaux du professeur Luc Multigner, (https://la1ere.francetvinfo.fr/chlordecone-nouvelle-etude-confirme-risques-recidives-du-cancer-prostate-692480.html)le chlordécone est le responsable. Ajoutons par malice qu’il est un perturbateur endocrinien et qu’il provoque diverses maladies neurologiques. Entre autres.

La commission d’enquête rend l’État responsable de cette pollution géante, ce qui est bien commode, car l’État, de toute éternité, c’est personne. Ou l’autre. Ne t’amuse pas, ami lecteur, à chercher dans ces eaux-là des coupables, car tu n’en trouveras pas. Note qu’on peut prendre l’affaire tout autrement, ainsi que Charlie va te le raconter.

Il était une fois…

En 1975, la petite ville d’Hopewell, en Virginie (États-Unis), est le théâtre d’un désastre sanitaire. Dans une usine qui fabrique des pesticides, des dizaines de prolos sont atteints de symptômes neurologiques graves : pertes de mémoire et d’équilibre, évanouissements, également d’hypertrophie du foie et de baisse de la fertilité masculine. On cherche et on trouve aussitôt, car chacun sait déjà que le chlordécone est une merde. Les premiers signalements datent en effet de 1969.La presse américaine – le fameux magazine télé 60 minutes de Dan Rather – transforme l’affaire en scandale planétaire. Planétaire, le mot est important. À Paris règne depuis l’après-guerre un puissant lobby des pesticides qui regroupe l’industrie bien sûr, la haute direction de l’INRA, et les dirigeants de l’agriculture industrielle. Son centre de gravité est logé dans une entité prestigieuse du ministère de l’Agriculture, le Service de protection des végétaux (SPV). C’est là, dans ces bureaux-là que se concoctent les Autorisations de mise sur le marché (AMM), Sésame qui permet le commerce.

Aucun de ces braves gens ne peut ignorer l’extrême toxicité du chlordécone, et en bonne logique, après l’interdiction du produit aux États-Unis, en 1976, on ne devrait plus jamais parler du chlordécone. Mais commence alors une séquence simplement déshonorante pour la France, et au passage pour la gauche socialiste de Mitterrand. La commission d’enquête, présidée par le député socialiste Serge Letchimy, pouvait-elle faire de la peine à des amis si chers ?

Quand il arrive au pouvoir en mai 1981, Mitterrand nomme Édith Cresson au ministère de l’Agriculture. Qui fait la loi des pesticides ? Le lobby installé au SPV. Qui l’applique ? Cresson. Elle accorde une criminelle Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le chlordécone. En juin 1990, Henri Nallet, alors ministre de l’Agriculture – il sera ministre de la Justice en octobre – accorde un rab de deux ans pour le chlordécone, malgré un retrait d’AMM de pacotille le 1er février. Nallet est un gars intéressant. Il a commencé sa carrière comme chargé de mission à la FNSEA, « syndicat » agricole propesticides. Il en est sorti à 30 ans, a fait socialo, est devenu conseiller du grand maître Mitterrand à l’Élysée, puis ministre. A la sortie, il s’est enfilé des millions d’euros sur vingt ans en devenant lobbyiste-en-chef des labos Servier, ceux qui vendaient le médicament mortel Médiator. En mars 1992, un troisième ministre socialiste de l’Agriculture, Louis Mermaz, accorde une nouvelle dérogation d’un an. Et en mars 1993, le ministre de l’Agriculture du dernier gouvernement Bérégovoy, Jean-Pierre Soisson, accorde une dernière fois une grâce de six mois. L’horreur aura duré de 1981 à 1993, par la grâce d’un gouvernement de gauche, ce qui donne à penser.

Un procès ou un crachat ?

La morale ? Ne cherchons pas ce qui n’existe pas. Et ne cherchons pas davantage les documents de la Commission de toxicité – la ComTox – qui permettraient d’y voir plus clair. Car c’est dans ces réunions hautement discrètes que tout a été décidé pour le profit de quelques-uns. Or ces docs ont disparu, les petits chéris, et sur toute la période décisive 1972–1989. Qui le dit ? La Direction générale de l’alimentation (DGAL), administration centrale du ministère de l’Agriculture qui abrite les vétérans du Service de protection des végétaux. Autrement dit, nib. On ne saura rien.

Dans une République qui ne serait pas bananière – attention, humour –, tout cela finirait par un procès pénal pour les quatre vertueux que sont Cresson, Nallet, Mermaz et Soisson. Car ils sont vivants, les bougres. Plus vivants que les cancéreux antillais et les millions d’êtres vivants – oiseaux, insectes, mammifères – que le chlordécone a tués.

On ne leur souhaite même pas la taule, bien que des gens infiniment moins coupables y croupissent depuis des années. Juste un crachat. Pleine gueule. (22)

NOTES

(1) C’est une plateforme intergouvernementale et scientifique – semblable au GIEC – qui s’occupe essentiellement de la biodiversité.

(2) Phillips McDougall. Evolution of the Crop Protection Industry since 1960 (2018) (https://croplife.org/wp-content/uploads/2018/11/Phillips-McDougall-Evolution-of-the-Crop-Protection-Industry-since-1960-FINAL.pdf)

(3) Rapport final d’un projet de recherche financé dans le cadre du plan Ecophyto. Novembre 2019. (https://ecophytopic.fr/sites/default/files/2022-01/Rapport%20Final%20RESCAPE.pdf)

(4Vignes : les pesticides causent des leucémies aiguës chez l’enfant. Reporterre, juillet 2022. (https://reporterre.net/Vignes-les-pesticides-causent-des-leucemies-aigues-chez-l-enfant)

(5) Rapport de Générations Futures sur la potabilité de l’eau. Juin 2020. (https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2020/06/faq-rapport-eau.pdf)

(6) Travaux et implication de l’Anses sur les perturbateurs endocriniens (https://www.anses.fr/fr/content/travaux-et-implication-de-lanses-sur-les-perturbateurs-endocriniens#:~:text=les%20perturbateurs%20endocriniens-,Que%20sont%20les%20perturbateurs%20endocriniens%20%3F,être%20vivants%20de%20l%27environnement.)

(7) Travaux et implication de l’Anses sur les perturbateurs endocriniens (https://www.foodwatch.org/fr/sinformer/nos-campagnes/alimentation-et-sante/pesticides/probleme-enjeux-et-dangers-du-glyphosate/#:~:text=Le%20glyphosate%20est%20génotoxique%20et,Organisation%20mondiale%20de%20la%20Santé).

(8) concernant une utilisation des produits phytopharmaceutiques compatible avec le développement durable et modifiant le règlement (UE) 2021/2115 (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52022PC0305&from=EN#:~:text=(2)La%20directive%202009%2F,santé%20humaine%20et%20l%27environnement).

(9) COP15, COP27… quelles différences entre ces sommets ? (https://information.tv5monde.com/info/cop15-cop27-quelles-differences-entre-ces-sommets-480986?amp&xtor=SEC-7-GOO-[INFO_SE]-[119843614474]-S-[]&gclid=CjwKCAjwrpOiBhBVEiwA_473dFVIhkU1H92Zx_uZQjEB0a4P_CSrpk1EwauXv-wZizw1HIErPWNzNhoCkLUQAvD_BwE)

(10) (https://www.anses.fr/fr/system/files/SHS2010etInracol01Ra.pdf – La saga du chlordécone aux Antilles françaises Reconstruction chronologique 1968-2008

(11) (https://fmedecine.univ-setif.dz/ProgrammeCours/organochlorés%20-%20Cours%20Toxicologie%205eme%20année%20pharmacie%20Dr%20BENBOUDIAF.pdf)

(12) Chlordécone : alarmants impacts sur les enfants exposés (Source : https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/chlordecone-alarmants-impacts-sur-les-enfants-exposes-1371026.html)

(13) Cognitive, visual, and motor development of 7-month-old Guadeloupean infants exposed to chlordecone (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0013935112002022?via%3Dihub – Cognitive, visual, and motor development of 7-month-old Guadeloupean infants exposed to chlordecone)

(14) Exposition aux pesticides et au chlordécone Risque de survenue d’un cancer de la prostate(https://www.inserm.fr/wp-content/uploads/2019-06/inserm-rapportexpositionauxpesticidesetauchlordecone-2019.pdf – Exposition aux pesticides et au chlordécone Risque de survenue d’un cancer de la prostate)

(15) Un régulateur de croissance classé “légèrement dangereux”, utilisé pour la maturation de bananes jaunes en Martinique. (https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/un-regulateur-de-croissance-classe-legerement-dangereux-utilise-pour-la-maturation-de-bananes-jaunes-en-martinique-1315420.html)

(16) Scandale sanitaire, Martinique: une substance interdite utilisée pour faire jaunir les bananes

(https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/martinique-une-substance-interdite-utilisee-pour-faire-jaunir-les-bananes-20220826_B6N2ND6MLZGLTIVLSLJZDUDUM4/)

(17) (https://www.gbv.de/dms/bs/toc/027403793.pdf)

(18) Chlordécone : les scientifiques alertaient sur les risques de cancer depuis les années 80, selon des archives retrouvées . (https://www.francetvinfo.fr/france/martinique/enquete-chlordecone-les-scientifiques-alertaient-sur-les-risques-de-cancer-depuis-les-annees-80-selon-des-archives_5782469.html)

(19) Sur l’utilisation du chlordéconeet desautres pesticides dans l’agriculture martiniquaise et guadeloupéenne, (https://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2430.asp

(20) (https://charliehebdo.fr/2021/03/ecologie/enquete-la-tres-veridique-histoire-du-poison-chlordecone/)

(21) Chlordécone : les scientifiques alertaient sur les risques de cancer depuis les années 80, selon des archives retrouvées. (https://www.francetvinfo.fr/france/martinique/enquete-chlordecone-les-scientifiques-alertaient-sur-les-risques-de-cancer-depuis-les-annees-80-selon-des-archives_5782469.html)

(22) https://charliehebdo.fr/2019/11/ecologie/scandale-chlordecone-charlie-accuse/

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